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L’éducation de mes enfants : et si j’avais tout faux…

Est-ce qu’il y a un moment dans la vie où on décide de se remettre en question ? Un moment où on décide de mettre à plat ce qu’on pensait savoir pour aller vers quelque chose de complètement nouveau ? Ce que je sais de l’éducation des enfants, est-ce LA vérité ?

Il y a quelques jours, j’ai fait une découverte. Une découverte qui m’a complètement chamboulée en tant que mère :

je ne connais pas mes enfants.

Si, bien sûr, je sais comment ils s’appellent, quelles sont leurs habitudes, quels sont leurs plats, leurs jeux, leurs livres et dessins-animés préférés. Je sais même très bien anticiper leurs réactions face à certaines situations. Je sais aussi ce qui leur fait peur. Et plus que tout, je ne veux que leur bonheur.

Je suis leur maman, quoi !

Et pourtant, je ne connais pas mes enfants.

Depuis quelques temps, des tensions se sont installées entre mon aîné et moi. Lui qui était très câlin, très bisous, s’éloigne petit à petit de moi. Il pleure à la moindre contrariété. Il a du mal à gérer ses émotions. Il boude pour un rien, rechigne à beaucoup de choses venant de moi.

Mais avec Papa, ça va. Il adore sortir avec lui, ils font des trucs plutôt funs d’ailleurs !

Alors je me suis dit : « C’est rien, c’est l’âge. Ça va passer ». Mais je vois bien que les semaines passent mais la situation, elle, ne se tasse pas.

Ça me rend malheureuse. Je me lève le matin la boule au ventre parce que dès le matin, il fait la tête car il est fatigué. Un matin il a froid, le lendemain, il a trop chaud. Il ne veut pas trop déjeuner, ne veut pas s’habiller avec les vêtements que je lui ai préparés. Bref, tout est prétexte à conflit. Lui part à l’école un peu contrarié, et bien sûr moi aussi…

Et puis un jour au moment de le mettre au lit, je lui demande :

« Est-ce que tu m’aimes ? »

Un blanc.

Un blanc de 5 secondes qui m’a paru une éternité.

A ce moment-là, je me rappelle très bien de ce que j’ai ressenti : la gorge qui se noue, les yeux qui clignent tous seuls. Mais je ne voulais rien laisser paraître et comme pour « m’auto-lyncher » une seconde fois, je lui repose la question, le ton un brin contrarié. Bon fond qu’il a, il me répond : « Si, si, je t’aime maman. »

Je peux dire que cette nuit-là, j’ai plutôt mal dormi. Je me demandais si c’était moi qui interprétait mal les choses, qui faisais une montagne d’un pas-grand-chose. Au delà de ça, je voulais comprendre comment notre relation si tendre avait pu « s’abîmer » et à quel moment ça avait commencé. Qu’est-ce que j’avais bien pu faire de mal ? Est-ce que j’avais raté quelque chose ? Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça ? Qu’est-ce qui m’échappait ? J’essayais pourtant de faire aussi bien que mes propres parents, que les parents que je connais, et qui semblent eux, avoir réussi.

Mon mari me rassure en me disant « Tu es une super maman », « Tu prends soin de tes enfants : ils sont propres, polis, sages. » Et en moi-même je lui répondais « Oui mais il y en a quand même un qui ne m’aime pas ».

C’est dur. Parce qu’au fond, mon fils ne m’a pas dit qu’il ne m’aimait pas. C’est moi qui l’ai senti dans sa manière de me répondre, dans son hésitation. Et dans nos relations tendues.

Alors j’ai pris le temps de réfléchir. A lui mais surtout à moi et ma manière d’agir avec lui, dans la vie de tous les jours. Un petit bilan qui ne m’a pas pris des semaines mais plutôt quelques heures. Tout simplement parce qu’au fond de moi je savais d’où venait le problème.

Je suis une maman plutôt impatiente et nerveuse avec mes enfants.

Vous me direz : « Et alors ? Tout le monde est plus ou moins nerveux, tout le monde est plus ou moins impatient. C’est pas pour autant que nos enfants nous détestent. »

C’est vrai. Mais est-ce qu’on a raison de s’emporter avec nos enfants, de leur imposer notre rythme de vie stressant (souvent dès le réveil), de les délaisser parce que ben… quand on rentre du travail la journée n’est pas terminée, il y a le bain, le repas et puis il faut quand même qu’ils soient couchés à 20h30 max parce que c’est pour leur bien !

A quel moment tu te dis que tout ça, c’est normal, que c’est comme ça et pas autrement, qu’on a pas le choix de toute façon ?

STOP !

J’aimerais vous dire que comme vous j’étais pleine de certitudes sur l’éducation de mes enfants, mais qu’à la lecture d’un livre, un seul, mes « fondations » et mes repères éducatifs ont littéralement vacillé.

Le livre Pour une enfance heureuse, du Dr Catherine GUEGUEN est une pure merveille. Merveille au sens où il m’a ouvert les yeux sur mes enfants et sur ma propre éducation.

Attention, toutes mes pseudos règles d’éducation ne me viennent pas que de mes parents. L’environnement joue un rôle important. Entre les « Laisse-le pleurer, ça lui fait les poumons« , les « Arrête de le prendre dans tes bras sinon il va s’habituer et tu ne t’en déferas jamais« , ou encore les « Arrête de pleurer, t’es pas une fille, c’est les filles qui pleurent« , il faut dire que la pression est bien bien présente et plutôt insidieuse.

Entre la naissance et trois ans, un enfant ne peut pas gérer ses émotions. Ce n’est pas qu’il ne veut pas ou ne sait pas. Il ne peut pas.

Les autre ne te diront jamais comment éduquer tes enfants mais ils te diront d’innocentes phrases comme « Les fessées n’ont jamais tué personne, regarde je suis encore là pour te le dire », « Le mien de temps en temps je le mets au coin, ça le fait réfléchir et après on a la paix« .

Le réflexe, si tu ne te remets pas en question, c’est de faire la même chose puisque, à première vue, ça fonctionne chez les autres. Je dis « à première vue » parce que tu n’étais pas là pour voir comment ça se passait dans la tête du petit mis au coin, ou dans celle de l’adulte normalement constitué qui te vante presque les bienfaits de la fessée, au moment où lui/elle se la prenait la fessée…

C’est humain de reproduire sur ses enfants certains schémas éducatifs reçus par ses propres parents. Mais quand ça coince, qu’on est dans une impasse, qu’on sent qu’il y a un truc qui ne va pas, c’est utile voire indispensable de chercher des réponses.

A titre personnel, j’ai trouvé certaines réponses dans le livre de Catherine GUEGUEN. J’ai compris que la clé d’une enfance heureuse et de relations apaisées, c’était « l’empathie ». J’ai compris pourquoi mes enfants avaient des réactions complètement disproportionnées que je qualifiais à tort de « caprice ». Parce que je croyais qu’un enfant qui n’obéit pas à son parent, qui montre son désaccord, qui s’oppose, fait forcément un « caprice ». On dit de lui qu’ « il a du caractère » (ou « un sale caractère », qu’il est « mal élevé » (et parfois ce sont les parents eux-mêmes qui le disent, un peu comme si un enseignant disait des élèves qu’il est censé instruire « Ils sont bêtes, ils ne comprennent rien » : super…).

Ces conseils sont souvent d’autant plus inadaptés que ces personnes, pleines de bonnes intentions, ne vivent pas avec l’enfant, et donc le connaissent mal. Elles ne peuvent pas véritablement le comprendre, et leurs conseils, non avisés, perturbent l’adulte qu’il soit parent ou professionnel de l’enfance.

En écrivant ces lignes, je regrette d’avoir pensé ça pendant tout ce temps. De m’être parfois moquée de ces parents « bienveillants qui feront de leurs enfants des enfants-rois »… Aujourd’hui c’est de moi qu’on pourra rire et honnêtement, je m’en contrefiche. J’ai ouvert les yeux et je ne compte pas les refermer de si tôt.

J’aimerais comme moi que vous ouvriez grand les yeux sur vos enfants. Je n’ai pas d’intérêt à écrire tout ça, sinon de partager mon expérience qui est sans doute celle de beaucoup de parents, qui ne savent pas, qui sont dans leurs habitudes, leur stress quotidien et qui passent à côté du bonheur d’être avec leur enfant. Parce que je découvre le bonheur que c’est d’être avec eux. J’aimerais qu’à la lecture de ce livre et à la lumière de ce que vous y découvrirez, ce soit vos enfants les grands gagnants. Parce que ce sont les adultes de demain, tout simplement.

Tout n’est pas parfait, et rien ne le sera jamais. Ici, le moment du coucher est encore ma bête noire mais je m’améliore et je parle avec mes enfants. Je leur dis que « je ne veux plus être une maman énervée et qu’il va falloir m’aider« . Et ils sont partants. Même s’ils sont jeunes, oui, je suis persuadée qu’ils comprennent.

Faire des erreurs, se tromper est banal et fréquent dans l’éducation. Reconnaître tout simplement son erreur, s’excuser permet à l’enfant d’acquérir une intelligence relationnelle. Il apprend beaucoup en voyant l’adulte réfléchir, et revenir sur ce qu’il a dit. Il comprend ainsi que rester sur ses positions en affirmant avoir toujours raison est une manière d’être buté qui en fait pas appel à la réflexion. Il est toujours possible de revoir sa manière d’être avec l’enfant en lui expliquant très clairement : « Tu vois, j’ai réfléchi, ma façon d’être avec toi ne me plait pas. J’ai décidé maintenant qu’avec toi, je ne ferai plus telle ou telle chose, je ferai… » L’enfant comprend très bien ce langage. »

En l’espace de quelques jours, mon aîné s’est ouvert davantage et il parvient à me confier des choses qu’il préférait me cacher. Je me trouve un peu plus détendue même si je rentre tard le soir et qu’il nous reste très peu de temps à passer ensemble. Et bien ce « très peu de temps », je le prends et j’en profite avec eux : de longs câlins, des bisous, des blagues, un dessin animé regardé ensemble. Et même s’ils se couchent 30 min ou 1 heure plus tard, je sais qu’on a passé du bon temps ensemble. Personne n’aime s’endormir avec la sensation d’avoir raté quelque chose dans sa journée. Nos enfants, c’est pareil. Oui, ça me laisse un peu moins de temps pour moi le soir (et Dieu sait que j’en ai besoin), mais ce temps heureux passé ensemble le compense très très bien.

2 commentaires

  • Queen of the tribu

    Superbe article ! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit. Et personne ne viendra se moquer du fait que tu puisses te remettre en question, je dirais même, tant mieux si tu sais te remettre en question ! Aucune maman n’est parfaite (sauf sur les réseaux évidemment). Et si tu trouves un équilibre nouveau, c’est génial. Plein de bisous

    • Myms

      Merci ♥ on essaie de s’améliorer de jour en jour. C’est pas évident tout le temps mais à long terme je suis certaine que ça sera bénéfique pour tout le monde.

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